Elisa Tixen

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Photo by Sophie Ausilio « Elisa et les origamis » décembre 2017

Elisa Tixen

Printemps 2017, un mardi soir ordinaire.

Il flotte, je sors du boulot la tête encombrée de toutes les tâches qui me restent encore à faire.

Marcher jusqu’à l’atelier me fait du bien, je vais y retrouver Nadia et mes copains.

Je descends la rue Bouffard, tranquille. J’aime bien ce moment paisible où je reprends mes repères. Je traverse la place Pey-Berland, quelques touristes s’attardent, attablés dans les bars. J’arrive à l’atelier, pour une fois, pas trop en retard, nous recevons une invitée.

Elisa Tixen vient nous parler de son cheminement d’auteur.

Parler avec quelqu’un qui a édité et qui nous considère comme des futurs auteurs, nous qui ne sommes que des scribouilleurs, en voilà une drôle d’idée ! Encore un coup de Nadia, qui est toujours pleine d’initiatives pour nous faire avancer.

Nous découvrons Elisa. Sourire convivial, générosité du partage. Elle nous parle de son expérience, de son travail d’écriture et d’un seul coup, au détour de la discussion, les mots fatidiques tombent.

« Posez-vous la question. Vous écrivez, mais qu’êtes-vous prêt à faire avec votre livre ? »

Quoi, qu’est-ce que je suis prête à faire avec mon livre ?!? Tu viens tranquille à ton atelier du mardi soir et la nénette, elle te balance ça comme ça : « Qu’êtes-vous prêts à faire avec votre roman une fois qu’il sera fini ? Vous êtes partant pour faire des salons ? »

Quoi parler à des gens ! Mes poils se hérissent …

« Assumez-vous ce que vous écrivez ? »

On se regarde, et tacitement on décide tous qu’on aura un pseudo.

« Et si vous prenez un pseudo, arriverez-vous à vivre avec ? »

Mais elles nous embêtent cette Elisa avec toutes ses questions !!!
« Avez-vous pensé à une démarche marketing pour vous faire connaître ? »

Non mais attendez je me croirais au boulot ! Ma cage thoracique se contracte, j’ai soudain du mal à respirer. Je n’avais pas pensé à tout ça, moi ! La soirée s’achève. La semaine passe. Tout cela me travaille un peu. Je décide d’aller voir Elisa qui dédicace son livre au salon de La Brède.

Le sourire est toujours aussi convivial, rassurant. Je passe la journée à ses côtés. Je découvre ce qu’est la vie d’un écrivain en représentativité. Je découvre qu’il faut juste se lancer, avoir envie de faire connaître son écrit, s’entrainer à en parler et que ça a l’air bien de s’assumer. Je finis par rentrer chez moi, après avoir acheté au moins six romans et parler avec une dizaine d’auteurs. Je lance mes chaussures dans l’entrée et je commence à dévorer « Sans traces apparentes », le livre qu’Elisa a écrit et qu’elle m’a dédicacé.

Les mois passent. Après avoir cherché longtemps un pseudonyme, finalement je choisis mon nom. C’est vrai, à quoi ça sert de se cacher ! Chaque mot posé sur le papier est un pas de plus vers une liberté d’expression qui me fait respirer à pleins poumons. Autant respirer la tête à découvert !

Dernier jour d’octobre 2017, j’expose mes écrits à vos yeux bienveillants. Dans ma tête, à ce moment-là,  c’est « La Liberté sur les barricades » de Delacroix, c’est l’image d’une soixante-huitarde qui brandit au mode entier son sein sur une musique de Joan Baez. Dans ma tête, c’est mon acte militant pour une cause humanitaire : la mienne. Arrête ton délire, Sophie !!! Bon ok, c’est exagéré mais quand même … Pour la première fois de ma vie, je suis gentille avec moi-même. Je me donne le droit de montrer qui je suis.

Fin décembre 2017, j’ouvre la première page de « La désobéissance des pouces » dernier écrit d’Elisa Tixen.

J’y découvre une dédicace qui me dit que je suis un auteur. Je souris.

Je lis votre recueil qui raconte l’histoire de femmes et d’hommes qui, chacun à leur manière, ont bravé les règles imposées pour suivre leur voie.

Et à la fin je relève ces mots que vous nous offrez :

« Que vous puissiez tous exercer la liberté dont vous avez besoin pour vous réaliser. »

Merci de tous vos conseils Elisa. Je vais continuer, en 2018, à en faire bon usage.

Très bonne année à vous tous. N’oubliez pas, oui n’oubliez pas de réaliser vos rêves. L’urgence est au bonheur…

28 Comments

  1. Bonsoir Sophie. Je suis profondément touchée par votre article. J’ai bien ri aussi de ce miroir très drôle que vous avez décrit avec talent. Oui vous êtes une auteure, une belle auteure et j’ai hâte de vous lire. Encore merci, bonne écriture, amitiés 🙂

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  2. Bonsoir…quelle belle reconnaissance vous offrez à Élisa …! Quel bel hommage !!! Elle apporte à tous son émotion, son savoir-faire et son empathie pour les autres et c est vrai que ses conseils sont d’or et nous percutent…Elle nous donne confiance en nous…Vous avez écrit un texte magnifique et plein de vérité…Merci et meilleurs voeux à tous. Annick

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  3. Bonjour Sophie,
    Vous pouvez faire confiance à ces deux grandes dames de coeur. J’apprends que vous écrivez et la présentation du dernier livre d’Elisa est un bel hommage avec les origamis à cette série de nouvelles, livre d’une maturité et d’un long travail de recherche pour l’une d’elle.
    Vous êtes bien entourée et pouvez avoir de bons conseils. Les yeux qui pétillent, l’enthousiasme pour gaïa et pour Elisa 🙂
    Je pense qu’il s’agit d’un certain lâcher-prise hum….hum…. d’écouter la petite voix intérieure, un certain instinct féminin et les voies de son coeur.
    Un livre en gestation ? Y a plus qu’à 🙂
    Bonne année à vous pour celui-ci.
    Geneviève

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