L’autorisation

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Photo by Sophie Ausilio. « Brigitte et moi », janvier 2018.

L’autorisation

S’autoriser à ne rien faire.

Ou plutôt s’autoriser à faire ce que l’on aime, sans culpabilité.

Lâcher prise.

Prendre le temps de goûter ce que l’autre donne.

S’y plonger, s’y émerger.

Caresser la boîte noire, comme laquée, et ouvrir le thé.

Se remémorer le sourire de Gin lorsqu’elle me tend le paquet cadeau dans l’ambiance tamisée d’un resto à la mode. Sur la table jaune, brillante du bistro, la boîte noire s’épanouit.

Retour dans ma cuisine.
Le rituel commence, j’ouvre le couvercle, j’hume. Odeur de bonbon, fruits rouges. Je pense à la vanille, aux fraises Tagada.

J’y replonge mon nez.

Mon odorat s’aiguise.

Puis j’attrape la dosette, je l’aime léger, peu infusé.

Temps suspendu. Mon thé est prêt.

J’attrape un livre. Dans mon emploi du temps chargé, lire est un temps de trop, du temps pris sur des projets qui devraient avancer. Et pourtant si aujourd’hui je m’offrais ce plaisir.

La luminosité derrière la baie vitrée m’invite à la paresse.
Dehors tout s’agite, la pluie dessine des figures sur l’eau bleue de la piscine. Les bambous s’agitent.
Mon thé en bouche, je profite du spectacle puis j’attrape mon livre. Je caresse sa couverture et j’ouvre la première page.

Je m’évade.

 

69 Comments

  1. Très joli rendez-vous avec soi même, comme un éloge à la dégustation, au thé, à la lecture et au temps qui se passe et se vit pleinement.
    Et si nous ne vivions plus les « ne rien faire » que comme des moments précieux…bercés par un sentiment absolument parfait de bonheur.
    Merci Sophie

    Aimé par 1 personne

    1. C’est très joli en effet et vous savez je me lève très souvent très tôt pour avoir le temps de flâner, je prends mon carnet, je bois un café, je parle à mes plantes, je regarde le soleil se lever avant de partir trois heures plus tard dans le grand tourment de la vie moderne.

      Aimé par 2 personnes

  2. Quelques instants comme suspendus, hors du temps, qui s’ouvrent à chaque respiration vers un incommensurable espace de liberté, comme si vos pieds avaient été chaussés de semelles de vent.
    Après lecture, j’ai comme la sensation d’avoir sous les yeux un haïku surdimensionné dans son expression ainsi que dans sa puissance d’enchantement !
    Que de quiétude contenue dans ces quelques lignes, Sophie !

    Aimé par 2 personnes

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