Le papier peint

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Photo by Sophie Ausilio, Londres, décembre 2017

 

Le papier peint

Londres, voyage d’affaire. Le froid nous pique.

A l’aide d’un plan succinct, nous découvrons, des magasins, hôtels à l’empreinte toute british. Le quartier est charmant, les voies à taille humaine et les petites maisons de briques rouges répondent à nos attentes d’images anglaises.

Nous nous perdons un peu. Il neige. Quelques flocons rajoutent à la magie des lieux.

Le programme nous indique une nouvelle boutique. L’atmosphère y est baroque, exotique, chaque mur est paré de tentures chargées de roses ou animaux exotiques qui nous plongent dans une ambiance intimiste. Les lampes ont des abat-jours à franges et des pieds sculptés en forme d’ananas doré. Chacun donne son avis, nos âmes françaises étouffent un peu dans ce lieu florissant. Je me détache quelques instants du groupe.

Devant les gros coussins aux contours de fourrure, je m’évade.

Les bougeoirs crocodiles, les canapés aux motifs d’Orient m’évoquent Sarah Bernhardt. Là sur le fauteuil de velours, je la vois, entourée de son singe, son léopard et son alligator dans un décor aux odeurs d’encens. Londres n’existe plus. Je la salue. Je redeviens une jeune fille qui n’a qu’une ambition « devenir Sarah Bernhardt » sans bien savoir pourquoi. Avec le recul des années, je comprends mieux pourquoi il m’a toujours été difficile de m’insérer dans la vie réelle. Sarah Bernhardt, pas vraiment un métier…

Le brouhaha ambiant interrompt mes pensées. Je me glisse au fond de la boutique.

J’aperçois une étagère où deux léopards de faïence enserrent des cahiers aux couvertures de palmiers stylisés. Mon cœur s’emballe. Je régresse encore, je suis une petite fille qui ouvre en cachette, chez ses grands-parents, le bureau. Je m’avance doucement dans la pièce. Du haut de mes sept ans, s’offre à moi un paysage fantastique : un papier peint à la végétation luxuriante dans lequel déambulent des éléphants et autres animaux sauvages. Je m’assois sur la chaise en bois un peu trop grande pour moi. Mes mains caressent le sous-main de velours vert et à travers mes yeux d’enfant je rêve.

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23 Comments

  1. Merci Sophie pour cette incursion dans une boutique qui nous invite à un voyage dans le temps et que j’adorerais visiter ! Il y règne une ambiance propice au rêve et tu sais si bien les raconter 🙂

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